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Homélie de Mgr Georges PONTIER (14 juin 2020)

Ste Germaine et fête du Saint-Sacrement 14 Juin 2020

Comment évoquer la mémoire de Ste Germaine sans faire mention de son amour pour Jésus-eucharistie, pour Jésus dans le sacrement de son corps et de son sang ? Lorsqu’elle entendait sonner les cloches de l’église, elle laissait le troupeau de brebis autour de sa quenouille et courait pour la messe qui allait commencer. Par tous les temps et où qu’en soient les eaux du Courbet ! On a retenu le miracle du passage à pied sec un jour où la rivière était déchainée.

Oui, l’eucharistie, le corps et le sang du Seigneur, donnés pour que nous ayons la vie. Le corps livré, le sang versé, pour nous et pour la multitude en rémission des péchés, comme le dit le prêtre à chaque eucharistie. Le corps et le sang du Seigneur, reçus dans la communion afin que nous demeurions en Lui comme Lui-même fait sa demeure en nous. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. » Demeurer en Lui et accueillir le Seigneur en nous, voilà bien le désir du Seigneur, voilà bien pourquoi Il nous a appelés à la vie : pour nous partager sa joie, son amour, sa présence. Et « la vie éternelle c’est de le connaître, lui, le seul vrai Dieu et celui qu’il a envoyé. »

Voilà bien la grande grâce que le Seigneur a faite à Germaine Cousin. Il lui a fait connaître son amour pour elle. Et comme elle en avait besoin ! elle qui a eu une vie si dure : une naissance hasardeuse, un corps touché par l’infirmité et la maladie, une enfance et une adolescence faites d’humiliations, de rejets, d’absence d’amour : refusée par sa marâtre, prise pour une bigote. Et voilà que le Seigneur a vu les humiliations et les privations qu’elle subissait et l’a comblée de la joie de se savoir aimée de Dieu. On ne lui donnait presque rien à manger et l’eucharistie fut sa nourriture. Aucune marque de tendresse ne lui était accordée. Alors le Seigneur a choisi de la relever, de la prendre sur ses épaules, de la nourrir, elle, la bergère de Pibrac.

Elle est devenue pour nous signe de la tendresse de notre Dieu, de sa fidélité, de son amour. « Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. » Et le Seigneur est passé par elle pour soulager les mendiants de son voisinage, pour guérir des malades, pour chanter la beauté de sa création, pour témoigner de la puissance de son amour. Il a protégé ce corps moqué en le préservant de la souillure du tombeau. Il se sert encore d’elle pour accorder ses grâces aujourd’hui.

Et tout cela le Seigneur l’a fait par l’eucharistie, ce sacrement qu’Il nous a laissé pour nous rappeler qu’Il nous aime jusqu’au bout, que le don de sa vie révélait l’amour inouïe de Dieu pour nous, plus puissant que la méchanceté humaine, comme Germaine l’avait connu et comme le Christ l’a subie à cause de nos péchés.

L’eucharistie, nous venons d’en être privés durant presque trois mois et surtout pendant la fête de Pâques. Pour beaucoup de chrétiens ce fut une grande souffrance, celle de ne pouvoir y puiser le cœur à cœur avec le Seigneur, celle de ne pouvoir vivre avec les frères chrétiens la mémoire de Celui qui vient faire sa demeure en nous. Ce temps nous a permis d’en retrouver toute l’importance pour nos vies humaines et spirituelles. Là nous sont redites sa présence, sa marche avec nous et en nous dans nos existences humaines personnelles. Là nous est redit qu’Il est la nourriture de vie éternelle. Là il construit le sacrement de son Eglise. Là est annoncé qu’Il nous envoie pour bâtir un monde fraternel et juste. Là, Il ouvre nos cœurs à la louange de sa gloire. Là, Il nous donne la nourriture qui ne passe pas, celle qui demeure en vie éternelle.

Vivre de l’eucharistie, c’est faire de notre vie un don au Seigneur et à nos frères ; c’est devenir bons, porteurs de joie, d’espérance, de courage, de fraternité. Le confinement nous a permis d’être attentifs aux plus défavorisés, à ceux qui avaient faim. Beaucoup ont pris des initiatives. Vivre de l’eucharistie, c’est vivre pour les autres, c’est vivre comme des fils en Christ et comme des frères grâce à son Esprit.

Chers frères et Sœurs, Rendons grâce au Seigneur pour le sacrement de l’eucharistie, pour sa célébration en communauté chrétienne, pour la force et la joie qu’elle nous donne. Je dis qu’elle nous donne, mais c’est pour dire que c’est Lui, le Christ, vivant, vainqueur du péché et de la mort, Lui, l’agneau de Dieu, Lui le Fils bien-aimé, Lui, le chemin, la vérité et la vie, Lui notre salut et notre joie éternelle.
Aimons-le dans l’eucharistie. Nourrissons-nous de son corps et de son sang : « Celui mange ce pain vivra éternellement. »