Devant ce Dieu qui m’a tant aimé, non pas pour me juger ou m’enfermer dans mon histoire, il
veut me faire marcher dans la dynamique de son amour. Comme le rappelait ces jours-ci aux
espagnols, le Pape Léon nous rappelle : « Dieu vous aime tel que vous êtes mais en même temps
il nous veut meilleurs, il veut que notre regard aille toujours plus haut. » Il y a des montagnes
dans nos vies, mais ne nous arrêtons pas sur des faux plats, allons jusqu’au sommet où la croix
est plantée, cette croix qui est tellement la manifestation de son amour ; cette croix du haut de
laquelle il nous a donné Marie comme Mère ; n’est-ce pas un grand signe de son amour.
Germaine a-t-elle hésité à gravir la distance qui la séparait de l’église pour aller vivre ce coeur à
coeur avec celui qui l’aimait ? Car il n’existe aucune situation qui puisse détourner de nous le
regard de Dieu, nous rappelait encore notre Pape Léon. Ces situations où nous avons peut-être
trahi comme Pierre ; ces situations où nous aurions voulu être les plus grands comme Jacques
et Jean ; ces situations où peut-être nous avons douté de son pardon. Mais ce coeur qui a tant
aimé le monde ne s’enferme pas dans nos faiblesses, il les fait exploser pour qu’elles deviennent
lieu de rencontre d’amour. Le regard de Dieu est toujours posé sur nous ; n’ayons pas peur, il
nous accompagne. Aussi, en ce jour du Sacré-Coeur, laissons-nous accompagner par cet Amour
qui ne flanche jamais, par cet Amour qui est toujours prêt à réinventer des chemins nouveaux
pour que vous puissiez trouver des chemins où puisse s’épanouir son amour pour nous et en
même temps notre amour pour lui, car nous aurons mieux compris le sens de l’incarnation pour
aujourd’hui, et ce chemin de rédemption sur lequel nous sommes invités à marcher à sa suite.
Levons les yeux, et si vous avez eu la chance de voir mercredi la bénédiction de la tour de Jésus
à la basilique de la Sagrada Familia, levons les yeux pour voir cette croix illuminée qui nous
montre le parfait chemin de l’Amour. Cette croix est la plus élevée sur une Église en Europe.
Pour y arriver, laissons-nous accompagner par ce Christ qui a emprunté ce chemin pour nous
et aujourd’hui avec nous. Germaine, malgré toutes les difficultés de sa vie, a su l’emprunter.
Mais pour accueillir cet Amour dans nos vies, il nous faut accepter d’être des mendiants. De ne
pas être envahi par un tas de préoccupations plus ou moins futiles. Notre coeur a besoin d’être
libéré pour pouvoir accueillir cet amour en vérité. Non pas un amour que nous nous serions
forgés, mais le véritable amour que nous serions allés puiser dans le Coeur de Dieu, là il n’y a
pas d’artifices, il n’y a que la vérité. Nous devons être des mendiants d’amour, car nous avons
faim et soif de vérité, non en quelques aspects de notre vie ; mais dans toute notre vie. Aussi en
contemplant ce coeur ouvert pour nous, demandons au Seigneur d’élargir en nous l’espace de
l’amour surtout là où nous avons été blessés. Tout cela revient à l’histoire d’un chacun et nous
invitera à savoir baliser nos chemins de conversion qui sont nombreux.
Germaine ne pourra-t-elle pas nous aider sur ce chemin, car des blessures elle en a eu durant sa
vie, et en particulier causées par des proches. Mais malgré cela elle continuait à aller à l’Église
de Pibrac contempler celui par qui elle se savait aimée. Continuons notre eucharistie en laissant
mûrir en nous cette vérité que Dieu nous aime tel que nous sommes ; mais qu’en même temps
il nous veut meilleurs.
Mgr Vincent LANDEL




































